Mon petit frère est décédé !

Publié le par François-Xavier DAVID

 

7 octobre 1976 2 juillet 2007

 

 

7 octobre 1976 à Coutances, dans le département de la Manche, Gaël, le dernier de mes frères voit le jour alors que je suis depuis un mois et un jour dans la Marine Nationale à Brest ! L’école des Mousses, L’école où l’on est encore des enfants, avant d’être des hommes, mais aussi une école de la vie où l’on est encore capable d’avoir un frère.

 

Gaël est mort maintenant….

 

Bébé Gaël rentre vite à la maison, pas comme Grégory, notre frère entre nous qui, handicapé, était rentré au domicile quelques longues semaines après sa naissance. Il n’y restera pas des années avant de rejoindre un centre d’enfants inadaptés, et maintenant d’adultes dans le même cas. Grégory a vu mais ne connaissait pas Gaël, et Gaël ne le connaissait que trop peu. A moi, maintenant, d’annoncer à Greg la terrible nouvelle comme je l’ai déjà fait l’an dernier à la mort de Papa ! Une larme d’autiste a coulé sur un visage abîmé …

 


Mais Gaël est mort maintenant…. Il est mort !

 

L’enfant Gaël grandit avec Papa et Maman, Jean-Christophe fait son service militaire puis ne revient pour ainsi dire pas au domicile ; je suis engagé dans la Marine, et ne reviens que trop peu, Greg est déjà en centre. Gaël grandit en enfant unique, élevé par Papa, grande différence pour nous trois qui avions été élevés par notre Mamie, la mère de Maman. Gaël connaît l’amour de notre père que nous ne connaissions pas, non par une absence volontaire de notre père, mais surtout par la présence de Mamie et le travail de Papa.

 

 

Gaël est mort maintenant…. Il ne reviendra plus !

 

Gaël grandit, fils des gardiens d’une grande propriété en Dordogne appartenant à un grand industriel Belge, chéri comme le fils de la maison, où il partage les bonheurs des excursions, des moments de plaisir dans la piscine du parc, des voyages en voitures de luxe. Puis il grandit encore, commence alors le choix de la profession et les difficultés passagères dans la recherche d’un patron pour un apprenti. Ne trouvant rien, on se dirige vers la cuisine, avec beaucoup de recul, beaucoup d’appréhension, Gaël pour une fois ne veut pas faire comme papa. C’est le dernier jour que « Papa » trouve enfin le « patron » qui fera de Gaël le mécanicien exceptionnel qu’il était…

 

Mais Gaël est mort …


Gaël est « tonton » 12 fois à ses 18 ans par nous, ses frères aînés. Douze fois avec des neveux et nièces qu’il ne connaît pas assez ! L’éloignement de Jean-Christophe, habitant près du Mont-Saint-Michel ; mon divorce en 2000 pour ma part, année où il apprend mon homosexualité et connaît mon « homme », mon ami, mon « chéri »… Auparavant, toujours dans la Marine, et marié, père de famille, je bougeais beaucoup, comme Tahiti par exemple, mais aussi des villes assez éloignées de la Dordogne où Gaël a grandi ! Aussi souvent que possible les aînés de mes enfants ont joué avec leur « tonton », leur différence d’âge n’étant pas si importante.

 

 

 

Et pourtant, Gaël est mort ….

 

Puis le petit Gaël se met en ménage avec une femme presque aussi âgée que moi, donc presque 15 ans d’écart… alors que nous, nous en avions déjà presque 16 ! Vient le moment où il me fait « tonton » à son tour, Axel voit le jour la même date que mon premier fils, à 18 ans de différence ! Le couple se marie puis les mois passent à Calès, quelques courtes années avant que n’intervienne la séparation qui mettra fin à cette relation de couple ! Gaël revient chez Maman le 18 décembre de l’année de la disparition de notre père, l’an dernier. Il revoit sa femme, son fils qu’il reçoit les week-ends, un week-end sur deux, comme prévu par la logique de la loi mais sans y avoir eu recours. Gaël vit quelques mois chez Maman, à Vergt, dans l’appartement du troisième au 28 Grand'Rue !

 

 

Et pourtant Gaël est mort…


Puis un soir Gaël revient du travail, je l’ai au téléphone, il se plaint d’une boule au cou, avant l’épaule ! Il tousse. Le lendemain, le ganglion a gonflé, doublé voire triplé de volume, je lui conseille de voir le médecin pour ne pas laisser cela comme ça ! « J’ai déjà eu ça une fois ! » me dit-il et lui réponds « mais ce n’est pas une raison !! Vois le médecin » Il me le promet … Ce qu’il fait le lendemain ; le ganglion est impressionnant et une main le couvre difficilement ! Des examens puis des analyses sont effectués, on pense à la tuberculose ! Cela me semble étrange, mais bon, pourquoi pas ? Puis quelques jours au début mai, le diagnostic beaucoup plus inquiétant tombe comme un couperet… c’est cancéreux ! Maman ne sait pas ! Pas encore, on la protège !

 

 

Gaël pourrait en mourir …

 

Arrêt de travail immédiat pour un mois d’abord, renouvelable éventuellement. On verra suivant les résultats des examens en milieu hospitalier. Gaël passe son premier séjour à la clinique Francheville de Périgueux, spécialisée en oncologie… Des investigations sont faites, des recherches de toutes sortes, radios, scanners, I.R.M., enfin tout le toutim et des analyses afin de situer l’état d’évolution de sa maladie et surtout sa localisation.


Gaël va probablement en mourir …

 

Premier retour à la maison, en attente du diagnostic tant attendu. Je contacte le médecin de famille qui me parle ouvertement, plus de 20 ans d’expérience en qualité d’infirmier ça aide aussi à échanger quelques mots. « Gaël est condamné ! ». Un coup de poignard, quelque chose que je refusais d’entendre mais qui me semblait tellement évident ! « Gaël est condamné ! ». « Gaël est condamné ! ». « Gaël est condamné ! ». « Gaël est condamné ! ». « Gaël est condamné ! ». « Gaël est condamné ! ». « Gaël est condamné ! ». Ces mots raisonnent à la vitesse de mes larmes qui me noient les yeux, inondent mes joues, ces mots qui raisonnent en moi, je n’entends plus que ça « Gaël est condamné ! ». Je voudrais tant prendre sa place. Je m’aperçois ô combien j’aime mon frère, mon petit frère, mon filleul… L’habitude de l’avoir en ligne le soir, de le voir presque tous les mois, de lui parler, de rire, de déconner par moment, notre amour fraternel mais discret, se révèle maintenant comme une évidence ! Gaël a un carcinome. Putain, merde, je hurle ma rage ! Pourquoi lui, putain mais merde ! Pourquoi ? Gaël ne sait pas la teneur de son mal, il pense à un lymphome pulmonaire comme j’en ai eu il y a quelques années de cela, et s’accroche à ce diagnostic qui lui semble évident et sans trop de risque !

 

Gaël est fichu, condamné, aucune chance !

 

« Je vais bien » me dit Gaël au téléphone en toussant, mais je sens dans sa voix un changement, il est quelques fois difficile à comprendre. En fait, me dit le médecin, une de ses cordes vocales est atteinte par les métastases. « C’est une véritable catastrophe ! Ça avance à une trop grande vitesse, beaucoup d’organes sont maintenant atteints. » Les mots du cancérologue de la clinique ne sont guère rassurant, loin de là, on essaie de nous donner quelques espoirs avec des mots qui ne le sont guère ! Un délai ? Pas de délai, d’un jour à l’autre, deux mois probablement depuis le diagnostic, mais avant la fin de l’année, c'est sûr. Je n’arrive pas à m’y faire. Perdre mon frère, ingérable ! Et sa première chimio qui est programmée ! Gaël y va sereinement, je l’appelle jusqu’à plusieurs fois par jour dans sa chambre, à chaque hospitalisation. « Ça va, je vais bien ! Ce n’est qu’un petit cancer sur le poumon » mais sa voix est de plus en plus basse ! Assez inaudible, voire couverte mais aigue ! Je pleure, il n’entend pas, mais je pleure ! Mes larmes roulent. « Maman est au courant ? – Non, je ne me sens pas capable de le lui annoncer ? Tu pourras lui dire, mais je vais bien, t’inquiète ! » Une fois raccroché, je n’arrive plus à me contrôler, j’attends quelques minutes et j’appelle Maman mais je ne peux pas le lui annoncer comme cela ! Maman me connaît bien, trop bien, et comprend. « Oh toi, ça ne va pas ! »  « J’ai beaucoup de mal à accepter ces changements de voix ! » fausse excuse pourtant réelle mais nullement adaptée au moment où je téléphone. J’annonce alors à Maman ma prochaine venue chez elle ! Le jour de mon arrivée venue chez elle, je dépose Henri et mes enfants, qui sont venus, m’accompagner ! Je demande à Maman de venir avec moi au village chercher du pain, que j’ai déjà dans le coffre de la voiture, mais un prétexte comme un autre ! ... A peine montée, Maman me dit « oh toi, tu as quelque chose à me dire ! C’est ton frère ! » Je m’arrête au premier chemin à droite après la maison en direction de Trémolat ! « Gaël est foutu Maman, il va mourir, c’est confirmé ! » Nous sommes deux à pleurer… deux à espérer l’inespérable ! L’impossible ! Nous rentrons, la vie continue, devant les enfants, qui sont de toute façon au courant ! 

Gaël sera mort dans quelques mois ?

 

On s’accroche à des espoirs inutiles. Sa première chimio ? Il l’a suivi comme une simple piqûre de rappel… Pas d’effets indésirables pour le moment, tout va pour le mieux, trop bien même. Gaël sort de la maison, la fatigue a fait place à la pêche ! La pêche justement, il va encore à la pêche sur les bords de la Dordogne, dans ce joli coin de l’anse de Trémolat ! Sa femme lui a offert une malette de pêche, avec tous les articles nécessaires, pour la fête des pères qui aura lieu dans quelques semaines, il faut qu’il s’en serve, même si c’est avant la date ! Mais Gaël a mal au dos, des douleurs atroces, des douleurs qui lui mangent le dos ! Gaël doit se coucher régulièrement pour moins souffrir ! J’appelle le médecin de famille : cancer des os ! Ça se propage encore et toujours, il ne manquait plus que cela ! Il va souffrir. Des métastases partout, tout partout, quel organe n’est pas touché ? Aucun me dit on !.... Aucun !

Puis Gaël n’est plus bien. Il doit être évacué sur la clinique Francheville à nouveau. Baisse considérable des globules ! Transfusion de deux culots de sang… quelques jours avant sa deuxième chimio … A-t-on déjà les résultats de la première ? A-t-elle donné les espoirs escomptés ? Non rien, aucun effet, un coup d’épée dans l’eau ! Rien de rien ! Gaël s’affaiblit de plus en plus, et subit quand même la deuxième chimio, le cœur vaillant et le moral au beau fixe, enfin, c’est ce qu’il me dit au téléphone ! Je doute ! Il a perdu ses cheveux, il s’est donc rasé en totalité et refuse de porter un bonnet ou un bandana. Il se plait comme cela ! Soit ! Je retourne le voir en week-end mais à sa sortie de la clinique, sa femme le récupère chez elle pour être ensemble ! Quoi de plus normal ! Elle le voit tous les jours à la clinique et je ne suis que le frère et parrain qui vient de faire 300 bornes pour ne le voir qu’une heure et demie… avant de repartir pour 300 bornes de plus vers Toulouse !  Mais je m’en veux, j’aurais pu rester quelques heures de plus, histoire de profiter de lui, un peu…

Je ne le reverrai plus vivant !

 

Gaël se meurt !

 

Gaël ne va pas bien, ce serait étonnant du contraire bien sûr, mais il ne va pas bien. Le médecin du village voisin arrive en urgence à à peine 8h00 et prévient d’urgence une ambulance. Gaël fait un syndrome cave supérieur. La veine cave est totalement bouchée par les métastases qui l’on envahie. Tout ce qui est irrigué par cette veine se trouve non alimenté en sang, et Gaël fait un œdème important de la partie supérieure du tronc, en particulier, le cou et la tête qui ne forme plus qu'un. Il est à nouveau évacué ! Cortisone en perfusion. Il est faible ! Les doses d’E.P.O. reçues à l’issue de sa deuxième chimio n’ont eu qu’un effet très court ! J’apprends également lors de mon précédent passage que les glandes surrénales sont maintenant atteintes ! Plus de libération autonome de cortisone, mais encore moins de libération d’adrénaline… ça ne sent pas bon !! Risques cardiaques très importants donc. La fin s’annonce proche ! Gaël revient chez Maman ! Pas bien, il finit par dîner trop rapidement pour se coucher à nouveau afin de ne plus trop souffrir du dos ! Un soir, au téléphone, il me dit être dans un fauteuil, des coussins de chaque côté pour le maintenir ! Il a déjà perdu 22 kilos en à peine deux mois ! Au total il en aura perdu 25. Un lit médicalisé lui est livré à domicile afin de prévenir les éventuels escarres au lit ! Il n'y dormira qu'une nuit, une seule ! 


Gaël ne rentrera plus à la maison

 

D’une rechute à nouveau, nous sommes le jeudi 28 juin, Gaël repart à la clinique Francheville ! L’œdème qui lui couvre le visage est impressionnant d’après Maman. Quand il tousse, il évacue du sang… Je sens le pire. Une fois raccroché, je pleure, je n’arrive pas à me retenir. J’appelle Henri, je le dérange avec ma vie, mais je sais qu’il m’écoute, il a espoir lui ! Plus moi, et depuis bien longtemps déjà ! Mon premier appel du vendredi matin est sans réponse, je me mets à pleurer au bureau, le stress m’envahit ! Je suis très mal ! Je crois que c’est fini…. Mais non, un examen complémentaire l’a mené en dehors de sa chambre, j’ai réussi à le contacter vers 11h00. Je suis rassuré, enfin, pour le moment ! Je renouvelle mes appels aussi souvent que possible, pour lui parler, sans trop le déranger, mais surtout dans l’espoir non dissimulé de Me rassurer !! Samedi Gaël va bien, il me parle de radiothérapie dans les prochains jours, il attend l'accord du cancérologue, j’imagine un nouvel essai, de nouveaux espoirs, les rayons auront peut être gain de cause. Il va mieux, surtout au niveau moral ! J’apprends surtout qu’il est depuis la veille sous perfusion de Morphine, comment ne pas allez mieux avec des doses de Morphine !

Mon anxiété remonte à nouveau, je ne dors pas, ou plus, ou mal, je ne sais plus ! La présence de Henri me réconforte, mais lui aussi est dérangé dans son sommeil, je bouge tellement, je pleure en dormant, je bouge en dormant, je crie, enfin bref, je suis très mal ! Dimanche matin, j’appelle Gaël. Il me répond difficilement, il a tant de mal à bouger, j’entends son souffle, presque un râle me dire « ça ne va pas du tout, je ne suis pas bien, s’il te plait raccroche, bisous et au revoir ».

En effet, je raccroche, en larmes, je sais que cet appel est le dernier, j’appelle Maman qui m’annonce qu’elle va lui rendre visite dans l’après midi à la clinique Francheville ! J’attends son retour en faisant les cents pas dans l’appartement ! Je ne fais ni attention aux enfants, ni même à Henri. Je suis très irritable, Henri rentre chez lui, il est si fatigué par son boulot et il a tant de choses à faire à l’appartement qu’il me demande si je veux bien qu’il rentre. C’est presque avec plaisir que j’accepte, une envie de me retrouver seul ! Les enfants sont rentrés à l’heure habituelle et j’appelle Maman qui me rassure. Elle a trouvé Gaël très enflé, certes, avec des tuméfactions au niveau des oreilles dues à l’œdème facial, mais quelques instants plus tard tout est rentré dans l’ordre. Il a même plaisanté ! Il a ri, en toussant, mais il a ri. Nous apprendrons plus tard qu’il avait anticipé cette rencontre en demandant plus de Morphine, pas étonnant qu’il fut si jovial !

 

Gaël est décédé il y a moins de trois quarts d’heure….

Dimanche soir, je vais me coucher avec mon téléphone portable à la main, cela ne m’arrive jamais. Je le pose sur la table de nuit et ne l’éteinds pas, au contraire de mes habitudes ! J’ai du mal à trouver le sommeil ! Je tourne, je vire, je bouge, je me relève, je vais boire, enfin, après 1h30 du matin, je ne me vois plus regarder l’heure ! J’ai du enfin dormir vers cette heure là.

Trois heures vingt deux ! Le téléphone sonne, je décroche rapidement en remarquant sur l’écran « Maman ». Avant même d’entendre sa voix, j’ai deviné. En larmes elle m’annonce : « Gaël est décédé il y a moins de trois quarts d’heure…. ». Je pleure aussi en lui disant « J’arrive ! »

 

 

Mon p’tit frère est décédé !

Publié dans Ma famille proche

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Patricia 05/03/2010 21:11


Re coucou !
J'ai découvert ton blog qui m'a beaucoup touché et j'en frissonne encore !
Comme tu sais, je redoute un peu de l'état de santé de papa qui se retrouve avec la même maladie ou presque... Difficile pour moi, moi qui suis à 10 000 km !!
Enfin ! la vie continue comme on dit ! la maladie est là et on ne peut rien...
Bizou cousin


david 14/01/2010 10:52


trop de souffrance pour un seul homme mais tu a su faire face avec courage j'ai pleuré en lisant ton mess et je sais que se ne sera pas la derniere fois que je le relirai car je sais se que c'est
de perdre un frere je suis de tout avec toi et reste disponible pour toi si tu veux en parler bisous fx jtd


Mayliss 13/01/2010 21:41



Troisieme fois que je le lis depuis..et je pleure toujours devant mon ordi...Je t'aiime papOuiille ! 



Opti-mix-tic54 16/11/2009 19:51



C'est une histoire vraiment très/trop triste!!!!


Je n'ose imaginer à quel point cette histoire te touche au moindre événement qui se rapproche de ton vécu...

J'en suis très ému à la lecture de ton témoignage.



Christine 22/02/2008 09:36

Merci, pour ton soutien sur mon blog, Gaël est superbe aussi.Je suis persuadé qu'il est tout prés de mon frère, et qu'ils vont bien s'entendre. Je sais a quelle point tu dois souffrir, je sais tout ça et je comprend ta peine ... Je me joins a ton chagrin, et je t'envoie tout mon amour pour traverser cette épreuve que la vie t'envoie. Je sais,  le manque est là. Allume tous les jours et toutes les nuits  une bougie, et parle lui, rassure le... Je me joins a toi ... Je prie qu'ils soient tous les deux ensemble, heureux, de se rencontrer,et de continuer a aimer comme ils le faisaient si bien pour nous. Affectueusement, Christine