Essaouïra

Publié le par DAVID

Essaouïra

 

 

Les îles Purpuraires, qui font face à la ville d'Essaouira, constituent depuis les temps anciens une étape sur la route des navigateurs phéniciens, carthaginois et grecs.

Au Ier siècle avant J.C., le Roi de Mauritanie Juba II y favorise l'installation de ses marins et le développement de l'industrie des salaisons et de la pourpre.
Cette couleur, dont se parent alors les empereurs romains, est fabriquée à partir des murex, mollusques très abondants dans les fonds marins. Cette industrie assurera la renommée de ces îles jusqu'à la fin de l'empire romain.

Au Moyen âge, les avantages de la baie d'Amogdoul n'échappent pas aux marins qui y trouvent un abri.

Au début du XVI ème siècle, sous le règne du roi Manuel le Grand, les Portugais y construisent une place forte, le Castello Real, qui ne résistera que peu de temps aux assauts répétés des tribus. Quelques vestiges de cette forteresse subsistent encore dans le port actuel. Ils transforment Amogdoul en Mogadouro, qui deviendra ensuite Mogador.

En 1764, le Sultan Sidi Mohamed Ben Abdallah décide d'installer dans la baie de Mogador un port royal, pour concurrencer Agadir, qui échappe à son autorité.

Il confie à l'architecte français Théodore Cornut le soin d'établir le plan de ce port et d'un quartier fortifié, la kasbah d'Essaouira.

Cornut appartient à la tradition de Vauban, le maître de l'architecture militaire française. Il dessine une ville aux avenues rectilignes et l'entoure de fortifications.

La ville nouvelle sort de terre, la bourgade devient Essaouira, " la bien dessinée ".

La médina d'Essaouira, construite un peu plus tard, présentera les même caractères d'urbanisme moderne et "géométrique".

Le Sultan mande alors des Juifs de tout le pays pour leur confier le négoce de la ville, fait venir des artisans de Fès, Salé et Marrakech et installe le gouverneur, les administrateurs, les consuls et les courtiers dans la kasbah.

La fortune ne tarde pas. Le Sultan a tôt fait de transformer sa jeune cité en une capitale rayonnante.

D'immenses caravanes de chameaux lui apportent les richesses de l'Afrique Noire : plumes d'autruche, ivoire, sel, poudre d'or, épices, sucres, tissus... qui seront ensuite acheminées vers l'Europe. Cela lui vaut le surnom exotique de " Port de Tombouctou ".

Vers 1860, la ville, en pleine prospérité, commence à s'étendre hors des murs.

Le XX ème siècle lui est moins favorable : les ports de Casablanca et d'Agadir la concurrencent fortement. Mais cela lui épargne les constructions sans grâce des grands ports modernes. Essaouira, intacte, n'a pas vu sa beauté dégradée.

Aujourd'hui, Essaouira est une ville de 70 000 habitants, chef lieu d'une province peuplée par environ 500 000 habitants, agriculteurs pour la plupart.

La pêche et l'artisanat restent les principales sources de revenus, mais grâce au tourisme et à l'activité qui en découle, Essaouira est résolument tournée vers l'avenir.

Le Port

Le Port d'Essaouira vit le jour au XVIIIème siècle, lorsque le Sultan Sidi Mohamed Ben Abdellah décida de construire sur l'avancée rocheuse du Cap Mogador un abri servant de base navale, le Port de Mogador, qui fut aussi surnommé "Port de Tombouctou", lorsqu'il servait à relier l'Afrique Noire à l'Europe et à l'Amérique.

On y accède par la Porte de la Marine, construite entièrement en pierre taillée en l'an 1184 de l'Hégire, c'est à dire 1769.

Essaouira est aujourd'hui un joli petit port de pêche, le troisième port sardinier du Maroc, qui connaît une vie intense, surtout au moment de l'arrivée des bateaux, en fin de matinée.

Sur les quais encombrés de bateaux, les pêcheurs réparent les filets bleus ou brun rouge, couleurs dominantes du port.
D'autres préparent leurs appâts, accrochant des sardines aux hameçons.

Chaque matin, sardines et crustacés sont vendus à la criée.

On déguste la sardine grillée en plein air, dans les petits restaurants du port.
 

Même si l'activité du chantier naval diminue, on y construit et on y répare encore des bateaux de pêche, selon les techniques et avec le matériel des anciens charpentiers de marine.

A droite de la Porte de la Marine, on aperçoit une porte plus petite, datant de l'époque du Roi du Portugal Manuel II, qui fit construire ici son Castello Real. Elle donne accès à ce qui reste aujourd'hui de ce château royal : les douves et une tour en forme de rotonde.

Au sein de cet ensemble architectural, la sqala du Port, bastion crénelé construit pour protéger le port et la ville, est formée de deux ailes fortifiées qui se coupent à angle droit derrière la porte de la Marine.
Elles sont dominées à leurs extrémités Est et Ouest par deux tours carrées, flanquées chacune de quatre tourelles.

Sous l'aile Nord Sud, une série de locaux servant auparavant à abriter les soldats, les munitions et les réserves d'eau, abrite aujourd'hui les magasins du port.

La kasbah

En quittant la skala du port, entrez sur la place Moulay Hassan, vaste esplanade accueillante assurant la liaison entre la ville ancienne et la ville nouvelle.

A votre gauche, découvrez la kasbah, quartier fortifié qu'on appelle aussi " le quartier du Roi ". Construit pour loger tous ceux qui géraient et exploitaient le port, il était entouré de remparts, aux fondations ancrées dans le rocher, dont certains sont encore intacts.

Longez les remparts en empruntant la rue qui mène à la skala de la kasbah. Ce monument militaire de style Vauban, conçu en 1765 pour repousser les attaques maritimes, est constitué d'une plate-forme à deux niveaux.
Il se compose d'une série de pièces, qui étaient destinées autrefois au stockage des munitions et des armes.
Au pied de la skala se trouve une rue bordée d'ateliers de marqueteurs, dont les travaux sont de renommée internationale.

Sur la skala de la kasbah, s'alignent les célèbres canons d'Essaouira.
Cet endroit surgi du passé fut choisi par Orson Welles pour tourner les décors extérieurs de son Othello.

Au cœur de la kasbah, le Musée des Arts et Traditions Populaires ou Musée Sidi Mohamed Ben Abdallah, est le miroir et la mémoire collective de la province d'Essaouira.
Au rez-de-chaussée, entrez dans le monde des harmonie et des sons en découvrant les instruments de musique rituelle ou profane.
Commencez par la musique liturgique des confréries : Assaoua, Hamadcha et Gnaoua, dont les groupes locaux ont acquis une renommée internationale. Découvrez ensuite les instruments que les musiciens des Haha berbérophones, au Sud d'Essaouira, utilisent pour accompagner l'amerg et l'ahouach ainsi que ceux dont les Chiadma arabophones, au nord d'Essaouira, se servent pour la musique de l'aita.
Admirez enfin les instruments des orchestres citadins de la musique andalouse et du malhoun.
Au premier étage, plusieurs collections de la production artisanale sont exposées : meubles et objets de thuya, bijoux en argent révélant le raffinement de la parure féminine et le savoir-faire des bijoutiers traditionnels, tapis, poteries.


 La médina

De construction plus récente, la médina d'Essaouira est bâtie autour de deux grands axes : l'un, de direction Nord-Sud, joint Bab Doukkala au port, l'autre, allant d'Est en Ouest, relie Bab Marrakech à l'Océan.
Tout au long de la grande rue marchande bordée d'arcades, viennent se loger de nombreux commerces : marchands de tissus, grossistes en denrées alimentaires, bouchers, marchands de légumes ...
De chaque côté de cette artère, découvrez les petits marchés intérieurs :

La Joutia, souk aux enchères, marché aux puces où l'on peut, chaque jour à 17 heures, assister à la vente aux enchères qui constitue un véritable spectacle.

 

Le souk des bijoutiers, comprenant de nombreuses petites boutiques offrant un grand choix de bijoux en or ou en argent.

Source : http://www.mogador-essaouira.com/patrimoine.php

Commenter cet article