Guy Môquet oui et alors, il n’y a pas que lui !

Publié le par François-Xavier DAVID

Guy Môquet oui et alors, il n’y a pas que lui !

 

 

Je suis scandalisé par tout ce tapage que l’on fait autour de la commémoration de ce jeune Guy Môquet, fusillé par les forces nazies au court de la dernière guerre mondiale et plus exactement il y a 66 ans aujourd’hui !

N’y avait il qu’un seul « Guy Môquet » en France qui soit tombé sous les balles des allemands de l’époque ? Je doute, je doute même fortement ! Comment peut on dire qu’un jeune étudiant de 17 ans fut résistant et communiste (source radio). Ne dit on pas encore aujourd’hui que les jeunes de notre époque n’ont pas la « fibre politique » à de tels âges ? Pourquoi Guy Môquet l’aurait-il eu plus que les autres ?

Voici mon Guy Môquet à moi :

Evacué de la Citadelle, la prison d’Amiens, sous le coup de l’intervention alliée dite « opération Jérico », il a été emmené, comme 26 de ses compagnons dans le bois de Gentelles où il a été torturé puis fusillé dans la nuit du 8 au 9 mai 1944…


Mon oncle Jean Fourrage dit « Jacques » sous lieutenant dans la résistance, faisant partie du réseau Bourgogne, est tombé sous les balles ennemies, il n’a été découvert dans le charnier de Gentelles sur la commune de Boves dans la Somme que bien longtemps plus tard.

Le corps de Jean a été identifié par ma grand-mère, Sigismonde Plet, en 1946, quelques mois après son retour des camps de concentration allemands (Buchenwald, Leipzig puis Ravensbrück) . Les empreintes dentaires seules ont pu permettre la reconnaissance du corps, enfin des restes de son corps.

Il est certain, d’après les écrits lus ces derniers jours, qu’il avait subit des tortures terribles avant son exécution. Des traces de balles étaient également visible au niveau du crâne de mon oncle. Abattu comme un chien.

Mon oncle a-t-il eu le temps nécessaire pour écrire une lettre à sa maman, bien qu’il savait qu’elle aurait été arrêtée peu de temps après sa propre arrestation en avril 1944. A-t-il eu le temps nécessaire pour écrire une tendre lettre à sa petite sœur de 8 ans, ma mère, restée seule au village avec son père invalide de la grande guerre, 1914-1918.

Le lieutenant ATKINSIN Leslie, chef départemental de l'ORA de la Somme puis inter-régional FTPF*, certifiait le 24 octobre 1945 :

"Fourrage Jean a été sous mes ordres comme chef du groupe FTPF* à Hornoy (Somme) et par suite de son activité anti-allemande il a été arrêté et fusillé par la police nazie. Monsieur Fourrage vivait chez sa mère qui fut déportée en Allemagne".

La commission d'homologation des grades FFCI*, par décret du 16 janvier 1947 a prononcé l'homologation au grade de sous - lieutenant à tître posthume, date de prise de rang : 1 avril 1944.

La mention "MORT POUR LA FRANCE" lui a été attribuée le 18 juillet 1946.

On ne parle jamais de Jean FOURRAGE (Jacques VASSEUR dans la Résistance), mais moi, j'en parlerai encore ! prochainement !!



 

 

*FTPF : FRANCS TIREURS ET PARTISANS FRANÇAIS

*FFCI : FORCES FRANÇAISES COMBATTANTES DE L'INTERIEUR

Publié dans Ma famille proche

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