Le Mont Saint Michel

Publié le par François-Xavier

Le Mont Saint Michel

L'abbaye du mont Saint-Michel se trouve sur la commune du Mont-Saint-Michel, qui fait partie du canton de Pontorson, dans le département français de la Manche, dans la région historique de Normandie et la région administrative de Basse-Normandie.

Classé monument historique en 1874, le site figure depuis 1979 sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. On le compare souvent aux sept merveilles du monde.

 

Le mont même était un lieu de cultes druidiques pour les peuplades qui occupaient la forêt de Scissy autour du mont Saint-Michel. Selon l’historien du XVIIIe siècle, Gilles Deric (1726-1800), le rocher était dédié au dieu gaulois du soleil sous le nom de Mons vel Tumba Beneni : Mont ou Tombe de Belenos. La voie construite par les Romains qui passait à l’ouest du Mont Belenus dut, avec l’envahissement de la mer, être déplacée vers l’est pour finir par disparaître pour se fondre avec la voie passant par Avranches.

À l’avènement du christianisme dans la région, aux alentours du IVe siècle, le Mont Tombe est rattaché à l’ancien diocèse d’Avranches.

Un premier oratoire, dédié au premier martyr chrétien, Saint-Étienne fut élevé à mi-hauteur du rocher, suivi d’un second en l’honneur du premier martyr des Gaules, saint Symphorien, élevé au pied du rocher. Des ermites, approvisionnés par le curé d’Astériac, veillaient alors sur le site.

Le Mont Saint-Michel quitta, en 710, son appellation de "Mont Tombe" pour prendre celui de Mont-Saint-Michel-au-péril-de-la-Mer à la suite de l’édification, par l’évêque Saint Aubert d’Avranches, d’un oratoire dédié à l’archange saint Michel. Aubert aurait reçu, au cours de son sommeil, l'ordre de St Michel de faire ériger sur le Mont-Tombe un oratoire. L'archange aurait laissé la trace de son doigt sur le crâne de Aubert. Ce crâne repose dans la cathédrale d'Avranches et porte les traces d'un tel stigmate. Les restes de l'oratoire ont été retrouvés dans la chapelle Notre-Dame-Sous-Terre, c’est-à-dire sous la nef de l’abbatiale.

 

L’ère de stabilité connue par la Neustrie durant le règne de Charlemagne laissa place, à la mort de l’empereur, à une période de grands désordres. Les raids et incursions des Normands précédemment contenus reprenaient une nouvelle vigueur, profitant de la désunion de petits-fils de Charlemagne. Ils atteignirent le Mont en 847. En l'an 867, Charles le Chauve vaincu par les Bretons dut leur céder le Cotentin, ce qui suppose qu'ils occupaient déjà l'Avranchin, ou que celui-ci était inclus dans la cession. Les Francs s'étaient cependant réservés la nomination des évêques neustriens.

Guillaume Longue-Épée, qui succéda en 927 au premier duc de Normandie, Rollon, obtint la cession du Cotentin et de l'Avranchin en 933. La frontière sud-est de l'Avranchin avec le diocèse de Rennes étant alors indécise, sur la Sélune ou le Couesnon. Longue-épée poursuivit la politique de restauration des monastères inaugurée par son père, jusqu'à son assassinat en 942. Son fils et successeur, Richard Ier "Sans Peur", fut le nouveau fondateur de l’abbaye en 966 lorsque, indigné, lors de ses fréquents pèlerinages au Mont, du relâchement qui régnait parmi les chanoines qui déléguaient leur culte à des clercs salariés, il obtint alors du pape Jean XIII une bulle lui donnant autorité pour y mettre bon ordre.

Les ducs de Bretagne Conan le Tort, mort en 992, et Geoffroy Ier, mort en 1008, se firent ensevelir au Mont Saint-Michel, non comme seigneurs du lieu, mais aux titres de bienfaiteurs. C'est au Mont que Judith de Bretagne, fille de Conan le Tort, épousa le duc Richard II de Normandie, symbolisant l'alliance des deux duchés.

Entre 1009 et 1020, les Normands fixèrent la frontière normanno-bretonne sur le Couesnon. C'est l'origine d'une longue contestation infondée. Le mont Tombe, c'est-à-dire le caillou, a certes été en Bretagne pendant quelques décennies (66 ans environ), mais durant lesquelles aucune construction n'a été entreprise. La merveille que nous connaissons aujourd'hui a été bâtie sur ordre d'un duc normand, par des architectes et des ouvriers normands, avec de la pierre normande venue des îles Chausey, et dans des styles architecturaux typiquement normands.

De plus, la frontière entre la Normandie et la Bretagne (frontière départementale reprenant celle des diocèses d'Avranches et de Dol-de-Bretagne) n'est pas sur le Couesnon, mais à 4 km de là, vers l'ouest au pied du massif de Saint-Broladre (qui lui est en Bretagne). Les polders de la rive occidentale de ce petit fleuve sont ainsi encore normands.

L'abbaye est fondée en 966 à partir d'un oratoire prééxistant, et doté de la règle bénédictine introduite par le monastère Saint-Pierre de Gand.

Des guerriers bretons dirigés par Guy de Thouars ayant incendié le Mont Saint-Michel en 1204, le roi Philippe II Auguste gratifia le monastère d’une importante somme d’argent destinée à sa reconstruction. Reconstruit dans le style architectural normand, avec tailloirs des chapiteaux circulaires, écoinçons en pierre de Caen, motifs végétaux, etc., le cloître de la Merveille est achevé en 1228.

L’abbaye avait été, sous l’Ancien Régime, un lieu de détention pour plusieurs personnes incarcérées en vertu de différentes juridictions mais les derniers bénédictins ayant quitté le Mont en 1791, sous la Révolution, celle-ci devient alors une prison où sont incarcérés, dès 1793, plus de 300 prêtres réfractaires. Après la détention de socialistes au Mont de Martin Bernard, Armand Barbès et Auguste Blanqui, divers intellectuels, dont Victor Hugo, dénoncent l’abbaye-prison qui sera fermée par décret impérial en 1863.

En 1794, un dispositif de télégraphe optique, le système de Chappe, est installé au sommet du clocher faisant ainsi du Mont Saint-Michel un maillon de la ligne télégraphique Paris-Brest. En 1817, les nombreuses modifications effectuées par l’administration pénitentiaire entraînent l’écroulement de l’hôtellerie édifiée par Robert de Torigni.

Viollet-le-Duc visita le mont en 1835, mais ce furent ses élèves, Paul Gout et Édouard Corroyer (1835-1904), qui furent destinés à restaurer ce chef-d'œuvre de l’art gothique français.

Des travaux urgents de consolidation et de restauration de l’abbaye, classée monument historique en 1874, sont effectués par Édouard Corroyer. En 1896, une flèche s’élevant à plus de 170 mètres au dessus de la mer est érigée.

En 1898, Paul Gout redécouvre, lors de fouilles sous le plancher de l’église, Notre-Dame-Sous-Terre qui sera complètement dégagée en 1959 une fois que l’architecte Yves-Marie Froidevaux aura installé une poutre en béton précontraint.

En 1966, à l’occasion de la célébration sous l’égide d’André Malraux du millénaire de l’abbaye, plusieurs monastères bénédictins envoyèrent quelques moines passer l’année 1966 au Mont, afin de célébrer à leur manière le caractère religieux millénaire du lieu, sans lequel le rocher serait sans doute resté à l’état quasi naturel. Une fois l’année passée, avec son flot de visiteurs et de colloques, une poignée de moines resta, en accord avec l’État, propriétaire des lieux. Leur premier prieur était le père Bruno de Senneville, venu de l'abbaye du Bec-Hellouin.

Cette petite communauté effectua pendant près de trente-cinq ans, par sa présence et la célébration du culte, une sorte de pèlerinage permanent sur les lieux, recevant elle-même les pèlerins de tous horizons. Ces pionniers permirent alors la restauration d’une communauté plus importante.

Depuis 2003, les Fraternités monastiques de Jérusalem, venues l’église Saint-Gervais de Paris assure la présence religieuse au Mont. Une communauté d’hommes et une communauté de femmes se retrouvent pour les temps de prière dans l’abbatiale ou plusieurs chapelles, rendant ainsi à l’édifice à sa destination originelle.

Sources : http://fr.wikipedia.org/wiki/Mont_Saint_Michel et http://youtube.com

Publié dans Souvenirs d'enfance !

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