Jean FOURRAGE, oncle résistant

Publié le par DAVID

Jean FOURRAGE 

 

Né le 28 avril 1919 aux Bouillons en Trignac, Loire Atlantique, Jean Alexandre FOURRAGE est le fils de François FOURRAGE et Sigismonde PLET. Il est aussi le frère de Janine, décédée à 4 ans en 1934 et de Françoise FOURRAGE, ma mère.

Jean est décédé le 8 mai 1944 au bois de Gentelle (80) fusillé par les nazis à l'âge de 25 ans.

Jean FOURRAGE

Adopté par la Nation en vertu d'un jugement rendu par le tribunal aux affaires familiales de première instance d'Amiens, le 22 février 1923.

Resistant pendant la guerre, il meurt fusillé par les Allemands à Gentelle (80). Sous-lieutenant de la résistance...

Texte lu lors de l'inhumation de Jean FOURRAGE :

Mesdames, Messieurs,

Au nom du Comité de la Libération du Groupe de Résistance d'Hornoy, j'ai le devoir d'adresse un dernier adieu à notre camarade tant regretté Jean FOURRAGE dont le corps mutilé a été identifié parmi les victimes du charnier de Gentelles.:

Dès 1942, Jean FOURRAGE fut membre actif de la Résistance, et il était d'abord inscrit au groupe des F.T.P. sous le pseudonyme de Jacques VASSEUR.

Son secteur de travail était alors la région de Gamaches et la ville d'Eu ; il revint ensuite à Hornoy et prit part à différentes expéditions dort périlleuses et au sabotage des voies ferrées.

Il s'occupait ensuite du rapatriement des parachutistes et je me souviens en particulier d'une expédition où nous devions diriger 12 parachutistes alliés vers Abancourt. Au dernier moment il nous arriva un contre-ordre et c'est lui-même qui se chargea de cacher ceux dont la vie nous avait été confiée.

Dans cette lutte de tous les résistants, sa conduite fut toujours celle d'un brave faisannt preuve de sang-froid et d'une témérité dignes d'admiration.

C'est au retour d'une de ces missions? le 2 avril 1944, un dimanche des Rameaux comme celui-ci, qu'il fut arrêté en même temps que sa mère, la famille WAQUEZ, Mrs DARRAS père et fils et d'autres personnes des environs.

Les circonstances de ces arrestations n'ont pas encore pu être écmaircies, mais nous ne désespérons pas qu'un jour toute la lumière soit faite à ce sujet.

En février 1945 les corps de WAQUEZ père et fils furent retrouvés à Gentelles. Nous n'avions pu identifier celui de Jean FOURRAGE, mais le retour d'Allemagne de sa pauvre mère et de ses camarades d'emprisonnement provoqua de nouvelles recherches qui ont permis à des signes indiscutables de reconnaître le corps de notre infortuné camarade.

Ses compagnons de cellules nous ont raconté son départ de la Citadelle d'Amiens dans l'aube frémissante du 9 mai, à 2 heures du matin sous le regard terrifié de sa mère, qui, redoudant le pire, guettait chaque nuit par une lucarne ceux qu'on conduisait vers la mort.

Quand on vint l'appeler, il se leva, sans un mot, laissant sa montre accrochée à la muraille, ayant compris que pour lui l'heure suprème venait de sonner. Sans une parole, sans une plainte, il acceptait son sort. Ce jeune homme avit l'âme solidement trempé. Malgré ses souffrances, malgré les tortures il n'avait jamais parlé. Ses camarades de la Résistance ont le Droit et le DEVOIR d'être fiers de lui.

Il fut emmené à Gentelles et là, les bourreaux nazis accomplirent leur oeuvre, leur crime plutôt, car ce petit gars de 25 ans, au regard si résolu qui osait regarder la mort en face et braver ses bourreaux fut lâchement, par eux, assassiné d'une balle dans la nuque.

Héros et martyr, victime d'une lutte sans merci contre l'occupant, digne émule de nos ancêtres de 1793 dont la devise était "LA LIBERTE OU LA MORT". Il est tombé pour la Patrie, pour que nous goûtions le bonheur de redevenir des hommes libres.


Mon Pauvre Jean,


Tu n'a pas eu la joie de voir la fin de ton combat, d'assister à la fuite de l'ennemi détesté.

Tu es mort à 25 ans lâchement abattu par l'infâme Gestapo ; mais nous savons d'après tes actes d courage dans la Résistance que tu es mort en brave, en héros, en vrai patriote.

A la suite des soldats tués en 1940, toi aussi, soldat sans peur de l'armée clandestine, tu vas reposer à l'entrée de notre cimetière aux côtés de tes Camarades Raymond et Mérand WAQUEZ, assassinés en même temps que toi, vos trois tombes, auxquelles j'ajoute par la pensée celle de notre jeune ami Max DARRAS, sur laquelle ses infortunés parents n'ont pas la consolation de pouvoir s'incliner - tombes de martyrs :


42 ans, 25 ans, 18 ans, 17 ans,


se dressèrent la côte à côte, muet et douloureux témoignage de la barbarie allemande.

Vos 4 noms resteront étroitement unis dans notre souvenir; le voile de l'oubli ne se déploiera par sur vous.


Ma Petite Françoise,


Madame Fourrage,


qui êtes miraculeusement revenue des camps d'extermination pour reconnaître le corps assassiné de votre enfant, nous vous prions de croire à toute notre sympathie dans le grand malheur qui vous accable. Vous avez perdu un frère, un fils dans des dirconstances qui ne s'effaceront jamais mais vous aurez la consolation, s'il en est une à votre grand chagrin de venir vous recueillir sur cette tombe, de l'entretenir, de la fleurir avec tout la piété d'une maman douloureuse.

Et vous pourrez aussi, vous dire avec fierté que celui que vous pleurez est mort en héros, et que son souvenir demeurera impérissable avec tous ceux des martyrs de la Résistance qui ont donné leur vie pour que vive la France.

Publié dans effix31500-genealogie

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